Le mojito - recette du mojito

Publié le par KRAZOO


Le légendaire et néanmoins anthologique Mojito

 

D'aucun diront que le mojito est un banal cocktail que l'on peut aisément obtenir comme tel :

 



  - 6 cl de rhum

  - œ citron vert

  - 1 cuillère à café de sucre

  - 4 feuilles de menthe

  - Eau gazeuse      

 


Certes nous pourrions nous arrêter là, mais le concept en serait cruellement diminué.

Sans vous paraitre trop cavaliers partons à la découverte de la véritable et ultime recette du Mojitö.

 

Prohibée la belle verrerie de la grand-tante "cépatakess" Brigitte et sacrilège le verre Coca McDo ! Un bon gros verre bien velu, assez mastoc pour se brêler le caisson sans coups férir mettra au placart le saint Gräal dans cette divine tâche qu'est la réception du breuvage sacré.

Dégotez ensuite deux bonnes épaisses branches de menthe fraiche ultra fraiche, achetées de préférence chez votre "chinois du bas de la rue" préféré, que vous vous ferez un jouissif devoir d'effeuiller minutieusement.

 

Les tarlouzes ajouteront un vieux concentré de citron Tesseire tandis que les puristes revendiqueront le doux nectar d'un bon citron vert de chez Monoprout délicatement découpé et pressé, dont ils n'oublieront pas de déposer quelques morceaux sur le douillet et parfumé lit de menthe.

 

Vient le moment tant attendu des grosses brutasses : marteler le mélange à gros coups de mortier avec la violence de l'ancestral fatal bazookick. Nous rappelons aux berserks que le but de la manoeuvre n'est pas d'obtenir du verre pilé mais de recueillir les gouleyants arômes. Vient la délicate phase de l'ajout dans cette osmose de citron mentholée l'once de sucre qui fera toute la différence, n'ayons pas peur des mots. Je vois déjà les connaisseurs sortir leurs bouteilles de Canadou et pourtant nous conseillons, que dis-je, nous exigeons que vous introduisiez dans la recette deux morceaux de sucre roux afin de sublimer les papilles déjà fort excitées.

 

Phase ultime : on met tout ! Empoignez à pleine main votre bouteille de rhum blanc, cubain autant que faire se peut, 35 ans d'âge, élevé en batterie et non arrangé ; et de l'autre main un petit Perrier citron vert, bullant tout ce qu'il sait, et, en cet ultime geste, on différenciera le profane du prophète, le ptits-pecs du fourror : faire le dosage dans les proportions stoechiométriques. Nul besoin de vous dire qu'un bon vrai mojitouse contiendra bien plus de l'un que de l'autre. On immortalisera alors le tout avec de la glace pilée: une bonne quinzaine de glaçons dans un vieux torchon en boule que l'on pulvérisera à coups de marteau dans sa tronche. Enfin, les poètes découperont une tranche de citron qui viendra enrichir par ses couleurs le bord du verre ou du vase.

 

Et comme l'a dit le grand maître mojitien : "Biomécaniquement parlant, le mojito est une déontologie sous-jacente chronique à haute tendance pathogène, l'aboutissement d'un mode de vie intrinsèquement défini en tant que tel, et dont la seule vertu est de défier les préceptes empiriques de la métaphysique par son seul mérite d'exister. En plus c'est bon."



 


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Publié dans Rien et tou

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